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Les avantages de la technologie 5G pour la télémédecine

Parlamentarische Fragen Gesundheit und Pflege Max Hahn Carole Hartmann

Question:

Monsieur le Président,

Par la présente, nous avons l’honneur de vous informer que, conformément à l’article 83 de notre Règlement interne, nous souhaitons poser la question parlementaire suivante à Madame la Ministre de l’Intérieur et à Madame la Ministre de la Santé :

« La cinquième génération des standards en matière de téléphonie mobile 5G promet des débits plus importants, plus de volume et une phase de latence plus courte lors de la transmission de données. Au-delà des promesses d’une meilleure connectivité, la 5G ouvre de nouveaux horizons aussi pour la médecine. 

Grâce à cette technologie, une ambulance pourra être connectée à l’hôpital et transmettre en direct les données médicales du patient au médecin. Ce dernier pourra aviser les secouristes et améliorer la prise en charge du patient durant son transport à l’urgence, sans être physiquement présent. Ceci serait surtout avantageux au patients vivant dans les régions rurales et plus éloignées du prochain hôpital.

Dans ce contexte, nous aimerions poser les questions suivantes à Madame la Ministre de l’Intérieur et à Madame la Ministre de la Santé :

  • Madame la Ministre de l’Intérieur, peut-elle nous fournir des statistiques des cinq dernières années sur le temps de réponse médian d’une ambulance au Luxembourg ? Suite à la réforme des services de secours, peut-on constater une réduction du temps de réponse? Existe-t-il des différences entre les régions du pays ?
  • Madame la Ministre de l’Intérieur, est-elle d’avis que la technologie 5G constitue un atout à la prise en charge des patients, entre autres dans les régions rurales du pays ?
  • Madame la Ministre de la Santé, peut-elle nous indiquer combien de médecins au Luxembourg ont suivi une formation en télémédecine ? Juge-t-elle utile de promouvoir davantage les formations en télémédecine ? »

Veuillez croire, Monsieur le Président, en l’expression de notre très haute considération.

                  Max HAHN                    Carole HARTMANN

                     Député                                 Députée

Réponse commune de Madame la Ministre de l’Intérieur, Taina Bofferding, et de Madame la Ministre de la Santé, Paulette Lenert, à la question parlementaire n° 2606 concernant l’utilisation de la technologie 5G dans la télémédecine

Le recensement des délais d’arrivée des secours ne se fait de façon électronique et systématique que depuis la mise en service du nouveau système de gestion et de traitement des alertes (« Einsatzleitsystem », ELS). Par conséquent, seules les données pour trois années entières sont disponibles :

Le délai d’arrivée moyen des ambulances (incluant le délai de traitement et de diffusion de l’alerte et le délai de départ) au niveau national était de 18 minutes et 29 secondes en 2017, de 17 minutes et 23 secondes en 2018 et de 16 minutes et 6 secondes en 2019.

Depuis l’introduction de l’ELS, un gain de 2 minutes et 23 secondes a donc pu être enregistré en moyenne pour l’ensemble du pays. Par ailleurs, des différences notables entre les régions du pays ne sont pas relevées.

Avant d’aborder le volet de la faisabilité de la télémédecine en utilisant un réseau 5G, il y a lieu de préciser que la télémédecine repose sur les piliers humain, technique et organisationnel. 

En ce qui concerne le premier pilier, il y a tout d’abord lieu de considérer que la personne qui prend en charge le patient sur place, en l’occurrence un pompier du CGDIS, doit disposer de connaissances avancées dans les domaines de l’examen clinique du patient, du maniement des appareils diagnostics avec capacité de transmission des données, mais celui-ci doit surtout être capable de réaliser les gestes ordonnés par le médecin à distance. 

Le pilier technique impose une couverture « 5G » nationale. Pour y parvenir, il faut disposer d’équipements techniques compatibles « 5G », qui, actuellement, sont encore fortement limités dans le domaine des secours pré-hospitaliers.

Sur le plan organisationnel, il faut garder à l’esprit que la pratique de la télémédecine fait appel à la mise en place d’un pool de médecins spécialement formés, qui soient disponibles 24 heures sur 24 durant toute l’année et prêts à répondre immédiatement à une sollicitation des services de secours. Plus encore, les hôpitaux doivent être organisés de sorte à faciliter la prise en charge et la transmission en direct des données de patients.

Dans le cadre des secours pré-hospitaliers, l’utilisation du réseau 5G peut contribuer à une amélioration de la prise en charge des patients tout en répétant que les 3 piliers susmentionnés restent une condition sine qua non à la mise en place d’une télémédecine fonctionnelle. 

Cependant, bien que le système de télémédecine puisse apporter une expertise médicale rapide, il faut garder à l’esprit que ce type de prise en charge ne peut se substituer à l’intervention des SAMU conventionnels dans certains cas d’urgences vitales (p.ex. arrêt cardiaque, hémorragie massive). Dans d’autres types d’urgences (p.ex. accident vasculaire cérébral, infarctus du myocarde), il est à évaluer si la télémédecine permet d’obtenir un gain de temps, si un bénéfice réel en ressortirait pour le patient, et aussi quel serait le surcoût engendré par les équipements et le personnel nécessaires. 

Finalement, le ministère de la Santé ne possède pas de données concernant le nombre de médecins ayant suivi une formation en télémédecine. Pour rappel, selon le code de déontologie médicale (cf. article 13), « tout médecin doit entretenir et perfectionner sa compétence professionnelle en assurant son développement professionnel continu ». A noter qu’il existe déjà de nombreuses pratiques au Grand-Duché de Luxembourg requérant ce type de technologie (p.ex. téléconsultations mises en place durant la pandémie Covid-19 et déployées rapidement avec le soutien de l’ensemble des partenaires médicaux et certaines autres professions de santé, télé-expertise pour l’anatomopathologie entre le Laboratoire national de Santé et les hôpitaux, etc.). Outres ces quelques exemples déjà fonctionnels, de nombreuses conférences et événements ont lieu au Luxembourg et dans les pays limitrophes sur ce thème, auxquels nombres de nos professionnels participent.


Max Hahn

Carole Hartmann